Top 10 des bassistes incontournables

L’histoire de la musique possède son lot de musiciens exceptionnels qui ont su faire évoluer les genres, les mélanger et de ce fait créer de nouveaux styles, sons, et faire avancer la musique en général.

Les bassistes font partie de ces musiciens exceptionnels. Car la guitare basse, de par son invention, a changé considérablement le son de la musique populaire. Mais il a fallu des musiciens talentueux pour pouvoir sublimer cet instrument, en développant des techniques, et en repoussant ses limites.

Retour sur 10 bassistes incontournables qui ont su faire évoluer la quatre cordes…

Cette article que j’espère vous apprécierez a été rédigé par votre serviteur :

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JAMES JAMERSON

James Jamerson est LE bassiste emblématique de Motown (premier label noir américain).

Il est considéré comme le père de la basse électrique. Jamerson a enregistré et joué avec des artistes comme Stevie Wonder, Marvin Gaye et a laissé ses lignes de basses sur les plus grands tubes de Motown Records.

Il a enregistré le titre « What’s going on » en une seule prise, allongé par terre. Trop imbibé d’alcool, il ne tenait pas assis sur son siège. L’enregistrement de cette partie de basse très complexe dans ces conditions relève presque du miracle !

De plus, Jamerson jouait avec un seul doigt à la main droite (l’index), si bien que son index était surnommé « The Hook » (le crochet).

La légende veut qu’il n’ait jamais changé les cordes de sa basse de toute sa carrière. Mais il faut savoir qu’à l’époque, les basses étaient montées en filets plats, catégorie de cordes qui s’usait beaucoup moins vite que les cordes actuelles.

Ecoute conseillée : « What’s Going On » – Marvin Gaye

JACO PASTORIUS

Jaco Pastorius reste à ce jour le Plus Grand Bassiste du Monde. Il est considéré comme le Jimi Hendrix de la basse.

Il a révolutionné la basse électrique en retirant les frettes, pour simuler le son d’une contrebasse tout en préservant la puissance sonore d’une électrique. Il nomma cette basse « The Bass of Doom » (la basse du destin).

Il a mis l’instrument sur le devant de la scène et lui a donné ses lettres de noblesse en composant des morceaux virtuoses exigeants avec une extrême maîtrise de l’instrument. Les morceaux tels que « Portrait of Tracy » ou encore « Donna Lee » et « The Chicken » témoignent de son talent hors du commun.

Il connaîtra une descente aux enfers liée à sa bipolarité. Il multiplie les séjours en hôpitaux psychiatriques et accumule les dettes. Il se retrouve à la rue. Un soir, alors qu’il souhaite aller voir un ami jouer dans un club de jazz, une altercation éclate avec le vigile qui lui refuse l’entrée. Jaco meurt sous les coups de ce dernier.

 

La Bass of Doom lui fut volée alors qu’il s’était endormi dans un parc de Manhattan. Celle-ci est restée introuvable pendant de nombreuses années jusqu’à ce que le luthier de Jaco Pastorius la trouve dans un magasin de musique à New York. Après authentification de la Bass of Doom, le vendeur refusa de la remettre à la famille de Jaco Pastorius. Il a fallu l’intervention de Robert Trujillo (bassiste actuel de Metallica) pour que la basse retourne à sa famille.

 

Avant Jaco Pastorius, il n’y avait pas réellement de technique de l’instrument en terme de doigté et de positionnement sur la basse. Jaco est à l’origine de tout cela.

Ecoute conseillée : « Teen Town » Weather Report

MARCUS MILLER

Marcus Miller est l’un des plus grands bassistes de jazz américain. Il se fait connaître en jouant avec Miles Davis sur l’album « Tutu ».

Marcus Miller se caractérise par son jeu très technique, la plupart du temps en slap. Il joue également de la clarinette basse qu’il intègre durant ses concerts. Il a accompagné également des artistes comme Nougaro, France Gall, Al Jarreau, Luther Vandross, Aretha Franklin, Grover Washington Jr, David Sanborn. Il poursuit depuis une brillante carrière solo en explorant à chaque album de nouveaux horizons musicaux.

Son son est immédiatement reconnaissable. Marcus Miller possède sans aucun doute le plus beau son de basse au slap.

Marcus Miller a été élu en 2013 artiste de l’UNESCO pour la paix, pour son soutien au projet « La route de l’esclave ».

En 2016, il lance ses propres modèles de basse : Les Sire Marcus Miller, des basses de très bonnes factures qu’il veut très accessibles financièrement afin de permettre à un large public de pouvoir s’offrir cet instrument. C’est un énorme succès commercial qu’il continue à développer.

Ecoute conseillée : « Blast » Marcus Miller

JOHN ENSTWISTLE

John Enstwistle est le Seigneur de la basse rock et bassiste du légendaire groupe : « The Who ».

Surnommé « Thunderfinger » (Doigts de tonnerre), il enregistre le mythique « My Generation », où apparaît l’un des premiers solo de basse. Sa rapidité de jeu et sa créativité reste unique en son genre. Il est un bassiste modèle pour tous bassistes de rock.

Ecoute conseillée : « My Generation » The Who

BERNARD EDWARDS

Bernard Edwards, bassiste du groupe Chic a su mettre une basse musclée et extrêmement groovy en avant pendant toute la période Disco à l’aide de sa Musicman StingRay qu’il contribue à populariser.

Il enregistre une multitude de tubes avec son compère Nile Rogers.

Leurs morceaux les plus flagrants sont : « Le Freak », « Good Times », « Upside down », « We are family ».

En France, ils écrivent, produisent et participent à l’enregistrement « King of the World » de Sheila.

Il influence même le bassiste de Queen sur le mythique morceau « Another one bites the dust ».

 

En terme de technique, Bernard Edwards joue principalement au doigt, même si parfois, il attaque les cordes au pouce à la manière du médiator, et s’autorise, avec parcimonie, quelques parties slap. Il est parvenu à créer des lignes de basse entêtantes, sans agacer l’auditeur.

 

Malheureusement, il décède en 1996, au Japon, dans son sommeil, juste après avoir donné un magnifique concert avec son groupe Chic.

Ecoute conseillée : « Everybody dance »

FLEA

Flea est considéré par certains comme meilleur bassiste de tous les temps, et controversé par d’autres.

De son vrai nom Michael Balzary, Flea est le bassiste et cofondateur des Red Hot Chili Peppers. Il est surnommé Flea (puce) à cause du fait qu’il saute en permanence lorsqu’il est sur scène.

Après avoir étudier la trompette, il se met à la basse en s’inspirant de bassiste funk et jazz comme Bootsy Collins, Larry Graham, ou Jaco Pastorius. Il écoute également beaucoup de punk. Ses goûts musicaux auront un impact majeur dans le style des Red Hot. Il propose un jeu très groovy, et mélodique. Il compose des thèmes en slap qui sont devenus incontournables dans l’étude de l’instrument.

Flea est aussi acteur, et on peut l’apercevoir dans les deux derniers volets de la saga « Retour vers le Futur ». Il fait également qu’une apparition dans « The Big Lebowsky » des frères Coen.

Il lance en 2009, la Fleabass, des modèles de basse moyenne gamme disponibles en plusieurs coloris flashy. Mais c’est un échec commercial, les basses n’étant pas de très bonne qualité.

Ecoute conseillée : « Can’t Stop » Red Hot Chili Peppers

JOHN PAUL JONES

John Paul Jones est d’abord arrangeur et musicien de studio. Puis, il rejoint Jimmy Page et Robert Plant dans les New Yarbirds, groupe qui prendra plus tard le nom de Led Zeppelin. Malgré un tempérament discret, John Paul Jones a un impact crucial dans le son du groupe par sa musicalité. Il est de ce fait à l’origine de nombreux riff du groupe comme dans le titre Black Dog. Il a ainsi largement contribué au succès du groupe. Au delà de Led Zeppelin, il continue de fournir un travail de musicien de studio, et produit des artistes tout en multipliant d’autres projets musicaux.

Ecoute conseillée : « Good time bad time » Led Zeppelin

GEDDY LEE

Geddy Lee est Leader, bassiste, claviériste et chanteur du groupe de rock progressif canadien Rush. Lee a le don pour jouer des lignes basse demandant beaucoup de techniques tout en chantant des parties vocales très aigües. En fonction des morceaux, il peut passer aisément de la basse au synthé.

Son style de jeu a inspiré bon nombre de bassistes comme Steve Harris (Iron Maiden), Cliff Burton (Metallica), John Myung (Dream Theater), ou encore Les Claypool (Primus).

Rush a été intronisé au Rock ‘n’ Roll Hall of Fame en 2013.

Ecoute conseillée : « YYZ » – Rush

LARRY GRAHAM

On attribut souvent à Larry Graham l’invention de la technique du slap (« gifler » en français), qui a permis d’enrichir la palette de sons disponibles sur une basse. À l’origine, alors qu’il jouait dans sa paroisse, il utilisait le slap pour remplacer le batteur quand celui-ci était absent en frappant avec le pouce pour imiter le grosse caisse et en tirant les cordes plus aigues pour simuler la caisse claire.

Il joua ensuite dans le célèbre groupe de funk  Sly and the Family Stone de 1967 à 1972, qu’il quitte pour créer sa propre formation, Graham Central Station.

Il est également un des pionniers de l’utilisation des effets sur la basse comme la fuzz ou le phaser.

Il a influencé beaucoup d’autres bassistes, comme Marcus Miller, Stanley Clarke, Victor Wooten…

Ecoute conseillée : « Hair » Sly & The Family Stone

CLIFF BURTON

Cliff Burton a été le bassiste du mythique groupe Metallica, qu’il rejoint en 1982. Il enregistre les trois premiers albums du groupe. Malheureusement, il perd la vie tragiquement à l’âge de 24 ans, en pleine tournée, dans un accident de bus. En seulement 3 albums, Cliff Burton laisse derrière lui des monuments de basse comme les morceaux « (Anesthesia) Pulling Teeth », ou le sublime « Orion ». Ces parties de basse souvent composées sur la base d’arpèges sont inédites et très mélodiques.

Burton est parvenu à tirer son épingle du jeu, au milieu des guitare saturées aux riffs acérés et du jeu de batterie violent propre au style métal. Il a eu de nombreuses fois recours aux effets comme la pédale wah, ou bien la fuzz pour démarquer la basse. Les membres du groupe ont eu beaucoup de mal à se remettre de sa disparition, et lui rendent hommage régulièrement lors de leurs concerts.

Ecoute conseillée : « Orion » Metallica

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